Vivre le Carême avec le CCFD-Terre solidaire

, par Anne-Marie

Évoquer le chemin, c’est appeler à « sortir » de chez soi pour « ouvrir » son regard vers celui – celle – ceux que nous ne connaissons pas... pas encore.
Ouvrir la porte... Sortir... Consentir à la découverte et à la rencontre.
Dessiner un chemin, c’est se mettre en marche, avec et vers l’autre, au pas lent – et parfois pesant - du quotidien, avec la patience qui s’impose et l’espérance qui relève les défis, dans l’au-delà de toutes les pesanteurs.
Être en chemin... Être en avenir... Être en devenir... Et, dans la croisée de nos différences, tisser les liens d’une Terre Solidaire.
Il a dit : « Je suis le chemin. » Je suis venu partager votre Humanité, l’Humanité des chercheurs, de ceux qui marchent sans toujours savoir où les conduit la vie... De ceux qui regardent au loin et de ceux qui ne parviennent plus à relever la tête... de ceux qui sont « sortis », contraints à l’exil ou libres de partir à la recherche d’une terre d’espérance.
Il a dit : « Je suis le chemin et la vérité. » Un chemin qui libère les capacités, les initiatives, les talents et les promesses inscrites en tout homme, en tout enfant, en tout peuple et dans tous les peuples...
Il a dit : « Je suis le chemin et la vérité et la vie. » Un chemin qui rend libre parce qu’il est un chemin intérieur que nous pouvons faire, avec lui et ensemble : de l’approche au partage et du partage à l’amour. La vie, c’est la marche qui donne sens à notre chemin, c’est la reconnaissance : aimer et se savoir aimé.
Vivre le Carême comme un chemin pour devenir un peuple de marcheurs touchés par la beauté de la Création qui nous est confiée... par sa fragilité aussi... Soucieux de prendre soin de celles et ceux qui sont sur le bord du chemin... touchés par la Vérité qui libère et relève.
Prière, jeûne et collecte : chemin, vérité et vie, nous avons reçu pour apprendre à donner ; nous ne pouvons donner que ce que nous avons nous-mêmes reçu ; nous ne pouvons pas ne pas donner à ceux qui espèrent. Le chemin du Carême est celui de la rencontre et de la réciprocité. Devant nous, le Christ, le Fils relevé au matin de Pâques est devenu l’horizon de notre humanité. C’est lui qui tisse entre nous les liens de la solidarité.
Que ce temps du Carême déploie en chacun et entre nous les conditions d’un développement humain et intégral, c’est-à-dire solidaire, pacifique et confiant. C’est dans cet esprit que le CCFD-Terre solidaire mène depuis 1961 une campagne de collecte au nom de la solidarité internationale auprès des paroisses en France.

Père Bruno-Marie DUFFÉ ,
Secrétaire du Dicastère de l’Église pour
le Développement Humain Intégral au Vatican,
ancien aumônier du CCFD-Terre Solidaire.

La parabole du tisserand

La communauté est comme un tissu qui s’élabore,
Un tissu dont je ne sais pas ce qu’il sera,
Mais qui, autour de nous, peu à peu se tisse,
Sans modèle ni dessin savant.
Dans ce tissu, je peux être un fil,
un trait de couleur…
Bleu profond ? Rouge éclatant,
Ou bien le fil de lin gris ?
Cette troisième couleur, au dire des tisserands,
Est la plus importante :
Le gris neutre de tous les jours,
Celui qui fait chanter le bleu profond
et le rouge éclatant,
Celui qui est porteur d’harmonie.
N’avoir que ma propre couleur et de cela me réjouir,
Pour qu’elle apporte la joie et non la rivalité,
Comme si moi, bleu, j’étais l’ennemi du vert,
Comme si j’étais, moi, ton adversaire !
Et ceux qui ne peuvent
ou ne veulent pas entrer avec nous
Dans l’ouvrage ? Irai-je,
les précédant, leur faire place,
Pour qu’ils viennent librement
de leurs propres couleurs
Se mêler au dessin ?

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