Présentation Ste Emilie de Rodat

, par PXL

Dimanche 30 juin 2019 en l’église de Notre Dame du Puits à Figeac.

Sainte Emilie de Rodat est née le 6 septembre 1787 au château de Druelle près de Rodez. L’ainée de 5 enfants, ses parents la confient, dès 1789, à sa grand’ mère résidant au château de Ginals près de Villeneuve d’Aveyron. Emilie passera toute son enfance à Ginals auprès de ses grands parents maternels et d’une tante religieuse visitandine chassée de son couvent par la révolution. Elle ne revient chez ses parents que très rarement.
« je suis d’une famille de saints » disait-elle. Cela en dit long sur l’éducation qu’elle reçoit à Ginals.
Emilie grandit dans une famille où nous pouvons repérer 3 éléments étroitement liés :
-  Un climat de foi en Dieu, un Dieu miséricordieux,
-  Un amour pour les pauvres de la région,
-  Une éducation inspirée par l’esprit de St François de Sales et Sainte Jeanne de Chantal que sa tante visitandine a su mettre à profit.
Pendant toute une période de son adolescence, elle perd tout goût pour la prière, mais non son souci des pauvres. Cependant à l’occasion d’une fête religieuse elle fait une expérience qui la touche en profondeur. Elle dira elle-même : « C’est à 16 ans que je connu Jésus Christ. Cette connaissance me ravit. » Sa vie en est transformée.
Elle cherche longtemps sa vocation. Après trois essais de Vie Religieuse, dont l’un à Figeac chez les Sœurs de Nevers, un événement va lui ouvrir les yeux. Voici ce qu’elle en dit :
«  Je visitais les pauvres de la ville en attendant que Dieu me fit connaitre ce qu’il demandait de moi. Un jour, je rencontrais plusieurs femmes… elles parlaient de leurs pauvres enfants qui, disaient-elles, croupissaient dans une ignorance grossière et dans l’oubli de Dieu parce qu’elles n’avaient pas les moyens pour les faire instruire. Ces paroles furent comme un trait qui vint percer mon âme. Je leur dis de m’envoyer leurs filles, que je me chargeais moi-même de les instruire et je promis à Dieu de faire tout ce qui dépendrait de moi pour fonder dans Villefranche un établissement destiné à l’enseignement des filles pauvres. »
Elle parle de son désir à son accompagnateur spirituel qui confirme cet appel de Dieu.
C’est ainsi qu’en 1816, avec trois jeunes filles, elles ouvrent la première classe gratuite, et vivent en communauté. C’est le début de la Congrégation de la Sainte Famille. Au fur et à mesure qu’Emilie découvre d’autres formes de pauvretés, elle essaie d’y répondre. Ce sont d’abord à Villefranche, les prisonniers et les prostituées, les enfants des rues de la ville, ainsi que les immigrés venus travailler dans les mines à Decazeville, puis encore, les paroisses rurales déchristianisées…
Aujourd’hui, la Sainte Famille est présente sur 4 continents.
Comment est elle arrivée à Figeac ? Nous écoutons Emilie en parler dans son autobiographie
Autobiographie : Chapitre 13- La mère fonde un couvent cloîtré à Figeac.
« Un monsieur de Figeac vint me proposer de fonder un couvent dans cette ville. Comme je ne voulais pas faire de fondation, je fis tout mon possible pour l’oublier. Ce monsieur écrivit à M. Marty, mon supérieur, pour lui proposer cette affaire ; M. Marty m’écrivit de me rendre à Figeac pour voir si je pourrais y fonder un couvent. Je partis sans ressource quoiqu’il m’en coûtât un peu ; Deux de nos sœurs m’accompagnaient. Nous arrivâmes à Figeac, après minuit.
Le matin venu, nous priâmes la fille de service de la maison où nous nous étions retirées de nous conduire au curé de la paroisse ; j’étais persuadée que je trouverais auprès de lui la lumière. Je me présentai à lui sans aucune lettre de recommandation. Je lui fis part du sujet de mon voyage « Tant mieux ! », me dit ce bon vieillard ;
M. Imbert, curé des Carmes, que j’allais visiter, me fit un accueil glacial ; néanmoins, il nous accompagna.
Cette fondation offrit beaucoup de difficultés ; presque tout le monde était contre ; on traitait cette entreprise de folie. M. Marty tantôt me blâmait et tantôt m’approuvait. Il m’envoya son neveu, M. Marty, notaire à Villefranche, pour voir un peu où nous en étions de cette affaire. Ce monsieur était contre la fondation et lorsqu’il écrivit à son oncle, notre bon père, ce fut une lettre toute en sa faveur.
Nous étions à Figeac sans rien et au milieu des blâmes et des critiques, et avec cela, nous étions contentes. Mes tentations avaient cédé la place, dans mon âme, à une paix si grande que je ne pourrais l’exprimer. Je recevais peu de conseils mais je répétais souvent à Dieu : « Mon Dieu, dirigez mes pas de telle sorte qu’ils tendent tous à l’observation de vos préceptes.Nous louâmes enfin une maison, et nous ouvrîmes les classes. Il nous vint assez d’élèves ; bientôt, les appartements loués ne pouvant nous suffire, nous fûmes obligées de faire quelquefois la classe dans les escaliers. Toutes les sœurs qui nous étaient arrivées pour la nouvelle fondation tombèrent dans le découragement et il me fallait parler, aux heures de la récréation, pour les égayer. M. Marty m’envoya pour supérieure une de nos sœurs toute malade. Nous l’installâmes et, le soir même, elle commença à manger. Un prodige s’opéra pour sa santé
 ».

Aujourd’hui, les Sœurs ne sont plus présentes à Figeac mais le Charisme de Ste Emilie y reste à travers les personnes qui ont été marquées par son enseignement, et à travers les 2 établissements scolaires au service des enfants et des jeunes. L’esprit de Mère Emilie anime toujours les enseignants, ils ont le souci de « ceux que le monde rebute » encore de nos jours. Qu’à travers les reliques introduites dans cet autel, Mère Emilie continue de veiller sur la jeunesse de cette région et sur la paroisse de Figeac !
Merci.
Sœurs Leila ABOU RJEILY et Eliette RICARD

Soutenir par un don